Prostitution et proxénétisme

Profession pour les unes, forme d’exploitation pour d’autres, la prostitution est elle une simple source de revenus ou une forme de maltraitance envers les femmes. Est-elle un métier librement choisi ou une obligation au profit d’autres personnes ? En tout cas, la prostitution est connue aussi comme « le plus vieux métier » du monde.

Nombreuses peuvent être les causes de la prostitution et du proxénétisme. Toutefois, il est nécessaire de savoir les distinguer. La prostitution est le fait de pratiquer des rapports sexuels avec des personnes qui paient juste pour l’acte. Une prostituée est une personne consentante à pratiquer la prostitution. Quant au terme proxénétisme, il désigne une activité, contraire à la loi, où il est question de tirer profit des prostituées, mais aussi de favoriser la prostitution.

Par ces définitions, nous avons pu distinguer la différence, la ressemblance, mais aussi la relation qu’entretiennent la prostitution et le proxénétisme.

Si les différences sont marquées par le consentement d’une manière ou d’une autre ou par une quelconque obligation, le paiement en fait aussi partie. En effet, les travailleurs de sexe négocient et perçoivent leur paiement directement tandis que l’argent passe par les proxénètes qui paient ensuite les prostituées qui travaillent pour eux. Il arrive même que, sous l’effet de la menace ou de la torture, les prostituées ne soient pas payées ou payées, mais sous forme de drogue, d’alcool ou autres.

Les ressemblances se manifestent par le travail du sexe, la dépendance de toute forme de stupéfiants ainsi que le fait d’être payée en se livrant à des actes sexuels. En exerçant leur travail, les prostituées s’exposent à de multiples de dangers auxquels elles sont habituées et auxquels elles doivent faire face.

Les différences entre pays

Dans bon nombre de pays, il existe toujours des relations évidentes entre prostitution et proxénétisme. Cela s’explique peut-être par le fait que le marché est envahi par des trafiquants et des malfaiteurs et que d’une manière ou d’une autre, les prostituées, pour leur sécurité, ont besoin d’appartenir à un groupe qui garantit leur protection et leur paiement. Métier difficile à supporter, la prostitution oblige les personnes à prendre ou à consommer toute forme de stupéfiants (drogue, alcool et tabac). La vulgarisation de ce métier est justement le proxénétisme où les revendeurs investissent dans les recrutements des employés, dans leurs habits et gadgets pour que les prostituées soient plus attrayantes, dans l’approvisionnement en stupéfiants, dans la recherche de gros clients, dans la protection et la surveillance des prostituées… Il arrive même que les proxénètes s’investissent dans des créations d’entreprises favorables à la prostitution et aux divers trafics (dans l’immobilier, les bars, les boîtes de nuit…).

Bref, prostitution et proxénétisme font un cercle vicieux.

La prostitution et les droits y afférents

La prostitution étant considérée comme le plus vieux métier du monde, elle n’apparait cependant pas dans la liste des professions légales. Bien sûr qu’il existe un régime juridique de la prostitution, mais son évanescence est quelque peu apparent.

Le cadre de la prostitution est plus ou moins ignoré du point de vue juridique. Un paradoxe subsiste quand on analyse ce domaine. D’une part, le droit tente de lutter contre le phénomène tout en établissant des règlementations. Ce qui revient à accepter le fait. L’abolition pure et simple aurait suffi en cas de non-reconnaissance. Règlementer revient à accepter l’existence tant matérielle que juridique d’un concept.

Il existe 3 différents régimes en matière de prostitution.

Le prohibitionnisme traduit l’interdiction pénale de la prostitution, tant pour l’acheteur que pour le vendeur, il expose ces derniers à des sanctions. Le premier comme le second sont qualifiés de délinquants.

Le règlementarisme, de son côté, il considère la prostitution comme activité autorisée, donc en tant que telle elle doit être soumise à de règlementations. Même autorisée, on ne peut pas ignorer que cette profession comporte des risques, qu’il faut essayer de combattre comme les maladies vénériennes. La règlementation s’avère donc nécessaire, voire indispensable pour la bonne marche de la société, et pour éviter que cette profession qualifiée d’immorale ne se répande. L’inscription des prostituées sur un fichier sanitaire et social est obligatoire, ainsi qu’une visite médicale régulière. Les lieux d’exercice sont limités pour conserver l’ordre public.

L’abolitionnisme a eu pour premier objectif de lever la règlementation de la prostitution. Règlementer revenait à accepter ou même à encourager cette activité. L’abolitionnisme, de ce fait, tente d’abolir la règlementation, avant d’abolir par la même occasion la prostitution.

Ces trois concepts qui décrivent les régimes juridiques de la prostitution sont aujourd’hui encore d’actualité. La France, en adoptant la loi qui mettent les prostituées dans le camp des victimes, tâtonne dans son raisonnement de réduire les réseaux qui exploitent les prostituées par la traite ou par le proxénétisme. Il reste à savoir si cette mesure amènera les résultats escomptés ou au contraire, cela ne fera qu’accroître un nombre déjà hallucinant des pratiquants de cette profession (estimé à plus de 50 000).